Le handicap au travail
Écrit par la rédaction Mardi, 24 Novembre 2009 11:51
Du 16 Novembre au 22 Novembre s’est déroulée la 13ème Semaine pour l'emploi des personnes handicapées. Créée en 1997 par l'ADAPT (Association pour l'insertion sociale et professionnelle des personnes handicapées), cette semaine est l'occasion de grandes campagnes de sensibilisation avec de multiples actions et conférences sur le terrain. C’est aussi l'occasion pour Green Is Good.fr de faire un état des lieux sur le handicap dans l’entreprise en France.

L'affiche de la Semaine pour l'Emploi des personnes handicapées
Le constat
La France compte 5 millions de personnes handicapées dont 2 millions sont à mobilité réduite. Les personnes en situation de handicap représentent donc une part considérable de la population. Pourtant, le taux d'emploi des personnes handicapées reste très faible en France: de l'ordre de 2,8% dans le privé et de 4,4% dans le public, ces taux semblent bien loin de l'obligation légale des 6% de travailleurs en situation de handicap employés dans l’entreprise. Le taux de chômage des personnes handicapées est lui très élevé, puisqu'il flirte avec la barre des 20%.
Une obligation légale
Depuis la loi du 10 juillet 1987, les entreprises de plus de 20 salariés sont tenues d'employer au moins 6% de personnes handicapées. Pour l’entreprise, il existe plusieurs moyens d'atteindre cet objectif: recrutement direct, recrutement de stagiaires en situation de handicap (dans la limite de 2% des effectifs), recours à des contrats de sous-traitance avec des entreprises adaptées, ou encore paiement d'une contribution à l'Agefiph (Association de gestion du fonds pour l'insertion des personnes handicapées, instituée par la loi de 1987).
Mais beaucoup d'entreprises préfèrent encore payer les pénalités plutôt que de faire un effort pour l’emploi des personnes en situation de handicap. Néanmoins, la situation devrait s'améliorer (et commence à l’être) à partir de 2010, puisque d'après la loi handicap de 2005 - qui entrera en vigueur au 1er janvier 2010 -, les entreprises qui ne respecteraient pas le quota des 6% devront s'acquitter d'une surpénalité de 13 500 euros par an et par personne handicapée « manquante », soit l'équivalent d'un smic annuel ou de 1 500 fois le smic horaire.
En outre, refuser à l'embauche une personne uniquement à cause de son handicap est une discrimination passible d'amende. La Halde (Haute Autorité de Lutte contre les discriminations), a ainsi été saisie 850 fois l’an dernier pour des cas de discriminations dues au handicap.
Des préjugés tenaces
Cette situation s'explique notamment par le fait que les préjugés à l'encontre des personnes handicapées sont très tenaces. Ainsi, 95% des employeurs éprouvent des réticences à recruter des personnes handicapées et 60% d'entre eux s’expliquent par un manque supposé de qualifications. Selon un sondage IFOP réalisé pour Adia en octobre 2009, 55% des travailleurs n'ayant pas de collègues handicapés pensent que les personnes en situation de handicap ne peuvent pas bien accomplir leur travail et 19% estiment que ces personnes peuvent compliquer leur propre travail. Pourtant, lorsque les salariés travaillant avec des personnes en situation de handicap sont interrogés, 88% d’entre eux jugent qu’il est facile de travailler avec elles...
Par ailleurs, nombreuses sont les idées reçues à propos de la personne handicapée: on l’imagine en fauteuil roulant, amorphe, incapable d'être autonome, etc. Ces idées sont erronées et font souvent le jeu d’une discrimination tacite quant à l’emploi des personnes en situation de handicap. Or, les travailleurs en fauteuil ne représentent que 5% des travailleurs handicapés (la plupart du temps, le handicap n’est pas visible). De plus, pour les personnes dont la mobilité est réduite, le fauteuil est perçu non pas comme une barrière, mais comme un outil leur permettant d'être autonome.
Que faire?
La première chose à faire dans l’entreprise est donc un travail de sensibilisation: éduquer les collaborateurs, changer le regard, bien trop souvent condescendant et réducteur, que l'on porte sur les personnes handicapées, et ainsi promouvoir la diversité et la non-discrimination à l’égard du handicap. Faciliter l’intégration des personnes handicapées, c’est aussi accepter d’aménager leurs postes de travail et réduire les difficultés qu’elles peuvent rencontrer.
Beaucoup de PME ne sont pas encore adaptées à l'insertion de personnes handicapées sur le lieu de travail. Quelques aménagements simples peuvent contribuer au bien-être et à l’efficacité du collaborateur en situation de handicap.Toutes les entreprises peuvent obtenir des aides de l'Agefiph pour réaliser les travaux nécessaires (prime initiative emploi de 6 000 €, prime de formation de 2 000 €).
Enfin, il est important de promouvoir l’intégration du handicap dès l'école pour lutter contre l'exclusion des personnes handicapées sur le marché du travail. En effet, seules 19% des personnes handicapées possèdent un niveau égal ou supérieur au bac. Cette situation s'explique non pas par un manque de compétences, mais par une non-adaptation de nos lieux d'apprentissage. En 2007, il y avait seulement 9 000 étudiants handicapés en France. La question du handicap est l'affaire de tous, et la formation est un combat fondamental à mener pour lutter contre l’exclusion des personnes handicapées.
Pour en savoir plus:
L'Agefiph
La Semaine pour l'emploi des personnes en situation de handicap
Les résultats du sondage IFOP pour Adia


