Sensibilisation & formation
Cet article traite de l’émergence de la notion de développement durable dans le milieu professionnel et des répercussions en terme de recrutement et de ressources humaines.
Le Développement durable, un casse-tête pour les DRH ?
Il peut être délicat de mettre en œuvre le développement durable dans son propre métier et ses pratiques, tout particulièrement dans la dimension sociale. A cette complexité, les DRH ajoutent la double identification des besoins de l’organisation et des talents à même de les satisfaire !
A l'évidence donc, les DRH ont une place et un rôle déterminants pour le déploiement du développement durable.
Toutefois, qu’il s’agisse de proposer des formations aux salariés, ou d’identifier les personnes susceptibles en interne de s'approprier tout ou partie du « développement durable » comme source de création de valeur, ou encore de faire émerger un réseau « transversal » de salariés référents, les DRH se retrouvent parfois confrontés à une page blanche.
Il peut en aller de même au moment de recruter des diplômés formés ici ou là, des personnes aux expériences composites et/ou non littéralement transposables, le tout pour des postes « développement durable » de managers, d’ingénieurs, ou encore de commerciaux.
L'Ensiate, spécialiste en matière d'entretiens de recrutement (stages et embauches), de dialogues avec les DRH, et bien sûr d’entretiens d’admission pour ses cursus, observe que l'utilisation du terme « développement durable » mène fréquemment à un embourbement de la discussion. Ce qui est souvent largement présenté comme une solution d’avenir « qui va de soi » reste un quiproquo tant que l’on n’a pas fait l’effort d’un diagnostic sans complaisance ni abandonné toute pensée consensuelle.
La filière MBA de l’Ensiate répond à ces problématiques, tout comme son cursus ingénieur. Celui-ci, plus orienté vers les méthodes, outils et technologies de la réduction de l’empreinte écologique, donc plus calibré, est en effet suivi par des étudiants qui ne sont pas là par hasard : ils ont, toutes et tous, en arrière-plan, une vision et des désirs liés développement durable, et reçoivent sur 3 années environ une centaine d’heures d’enseignement spécifique et opérationnel en la matière.
A l’Ensiate, on parle bien d’un projet professionnel d’un côté, de stratégie d’entreprise de l’autre. Sans que l’on soit pour autant contraint d’abandonner la mort dans l’âme un cap plus personnel au passage.
Au moment où les formations en la matière se multiplient, et où de plus en plus nombreux sont les jeunes à être - logiquement - attirés par cette filière, quelques mises en garde seraient donc à formuler.
Une embauche (ou une recherche de stage) « développement durable » ne se résume certainement pas à des entretiens où l'on s'échangerait des banalités et généralités sur la « planète à sauver » ou « le capitalisme à moraliser », où l’on conviendrait de développer l’éco-efficacité sans aborder l’arrière-plan humain.
Pour celui ou celle, étudiant, chercheur d’emploi, professionnel en situation de mobilité, qui pourrait être le talent à même de répondre à un besoin au sein de l’entreprise, une réflexion en amont sur les solutions concrètes que l’on peut apporter semble une excellente base de discussion avec les DRH.
Et pour ces derniers, dont la tâche n’est pas simple, une ouverture à cette multitude de propositions de discussion, qui sont le cœur de toute innovation, pourrait faire émerger des réflexions intéressantes et porteuses de changement. Que le contenu de ces propositions ne soit pas automatiquement pertinent au regard du contenant (la fiche de poste) n’est finalement qu’une occasion de les faire converger.
Cédric Errero, professeur intervenant à l’ENSIATE
L'Ensiate forme depuis 2003 des ingénieurs et managers au service du développement durable, en formation initiale et continue.
Elle organise des petits-déjeuners à destination, notamment, des DRH.
Pour plus d’informations et pour connaître les dates de la saison 2009/2010 : Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

Le théâtre interactif

Le groupe « 3ph » (pour « petits pas pour l’homme ») s’est spécialisé dans développement durable et la RSE. La petite équipe de comédiens-intervenants utilise le théâtre forum afin de sensibiliser les entreprises, collectivités et les associations aux pratiques durables et équitables, à travers différentes thématiques:
• responsabilité sociale
• environnementale
• société et actualité
Dans cette forme de spectacle interactif, les comédiens mettent en scène les problématiques sociales par le langage théâtral, en laissant aux participants la possibilité de réfléchir et découvrir collectivement les alternatives. Le théâtre forum permet le partage, le débat, et l’esprit de coopération.
3ph propose des formations ludiques et participatives sur des thèmes tels que la sécurité, le handicap, mais aussi un spectacle sur les éco-gestes : « Petit geste deviendra grand ». Dans ce spectacle, un meneur de séance et trois comédiens abordent des questions du milieu professionnel et de la vie quotidienne (consommation d’électricité, de papier, utilisation de la voiture etc. (1))
Mais 3ph n’est pas la seule compagnie de théâtre qui offre l’outil théâtral pour la sensibilisation au développement durable. La pièce « Ma planète se meurt » du groupe « Entrées de Jeu » a déjà été jouée dans plusieurs collectivités. Cette courte pièce (environ 30 minutes) présente différentes thématiques du développement durable, qui seront ensuite jouées une deuxième fois avec la possibilité pour les spectateurs d’interrompre afin de proposer des solutions alternatives. Le débat dans une ambiance ludique permet aux participants d’apprendre collectivement. (2)
Les ateliers créatifs

« Eco-Art », c’est un groupe d’artistes qui s’est donné pour but de redonner une deuxième vie à des déchets. Pour ça, ils collectent les chutes de tissus, bâche, toile, papier, bois, verre... et en font des œuvres d’art. Les trois artistes d’Éco-Art organisent aussi des ateliers en entreprise sous le thème « Agir pour l’avenir ». L’objectif de ces ateliers est de créer des objets décoratifs à partir de matériaux recyclés, par des techniques telles que la peinture ou le collage (3).
Sources :
(1) 3ph
(2) Comité 21 : Mobilisation des équipes pour le développement durable(3) Eco-Art
Pour en savoir plus, rendez-vous sur les sites de 3ph, Entrées de Jeu, et Eco-Art.

A l’occasion de la journée mondiale de l’Environnement, le 5 juin dernier, Linkedin (1) a publié une étude menée auprès de ses membres français (2) sur leur connaissance et leur perception des initiatives de leur entreprise en matière de développement durable. Plus de 740 personnes ont répondu au questionnaire (3). En voici les résultats :
Développement durable : des initiatives encore méconnues malgré l’intérêt suscité
Tout d’abord, le thème du développement durable et les politiques menées par les entreprises en faveur de cette cause intéressent les salariés : seuls 8% des sondés déclarent ne pas s’y intéresser. L’enjeu du développement durable au sein de l’entreprise est donc de taille. Cependant, le manque de connaissances de ces politiques est évident : 23% déclarent ne pas connaître la politique de leur entreprise en matière de développement durable.
Développement durable ou greenwashing ? Manque de crédibilité des entreprises
Le manque de crédibilité des entreprises en matière de développement durable est également pointé du doigt: 8% des salariés interrogés sur Linkedin pensent que la politique environnementale de leur entreprise n’est que du greenwashing (4). Si l’on prend le critère de l’âge, la critique du greenwashing augmente avec l’âge des sondés : 4% des 18-24 ans, 10% des 25-34 ans, 13% des 35-54 ans et 33% des plus de 54 ans. Ainsi, la crédibilité des entreprises quant à leur politique de développement durable est encore à consolider.
Une politique environnementale qui sème le doute
Si près de la moitié des répondants (46%) pensent que leur entreprise ne fait rien ou presque (le strict minimum légal) en matière de développement durable, ils sont tout de même 31% à reconnaître les efforts de leur entreprise en la matière et 22% la trouvent même très engagée.
Mais selon le sondage, cette confiance mitigée dans l’engagement de leur entreprise sur la voie du développement durable est fonction de la taille l’entreprise :
- s’agissant d’entreprises de taille moyenne, 65% des sondés estiment que leur employeur ne fait rien ou presque pour l’environnement.
- pour les grandes entreprises, même constat, pour 63% des personnes interrogées.
- dans les petites structures (moins de 10 salariés), 45% des répondants récusent l’engagement environnemental de leur entreprise.
- la palme du développement durable revient aux grandes entreprises, mieux notées par leurs salariés, puisque seulement 29% d’entre eux estiment que leur entreprise ne fait rien ou presque pour l’environnement.
Ainsi, le développement durable au sein de l’entreprise demeure une question complexe et encore trop ignorée. Les résultats d’un tel sondage montrent bien toute la légitimité d’un site comme Green Is Good, entièrement dédié à la sensibilisation et la mobilisation des salariés pour le développement durable en entreprise.
(1) Linkedin est un réseau social pour les professionnels, qui compte plus de 40 millions de membres, dont 10 en Europe.
(2) Sondage conduit entre le 21 mai et le 2 juin 2009.
(3) Questionnaire :
Connaissez-vous la politique environnementale de votre entreprise ?
- Oui, absolument !
- Oui mais pas très bien
- Oui mais c'est du greenwashing
- Non, je ne sais pas
- Non, et ça ne m'intéresse pas
En matière de développement durable, pensez-vous que votre entreprise…
- Ne fait rien Assure le minimum légal ?
- Fait des efforts ?
- Est très engagée ?
(4) Greenwashing : L’entreprise dépense plus d’argent à communiquer sur son image et convaincre l’opinion publique, qu’à mettre en place de véritables actions responsables.
Image trouvé sur www.changeforge.com.

Pourquoi se mettre au développement durable?
Selon l’auteur, chaque entreprise a besoin d’une planète non dégradée. Bien que le sauvetage de la planète ne soit le but à atteindre pour une société, elle ne peut pas prospérer dans un environnement détruit. La pression des règlements concernant l’écologie devenant de plus un plus forte pour les entreprises, rien ne sert d’attendre le dernier moment ou même d’être sanctionné pour opérer un changement. Widloecher souligne également l’importance de la collaboration entre entreprises et associations environnementales, et de pousser à l’innovation.
Le développement durable, un investissement pour l’avenir?
Pour de nombreux chefs d’entreprises, à première vue, le développement durable apparaît comme un facteur de coût. Néanmoins, Widloecher souligne que d’un point de vue économique, le développement durable engendre un bénéfice qui peut aider à réduire ses dépenses. S’engager sur la voie du développement durable est également un investissement lié à l’image de l’entreprise. Enfin, le développement durable constitue aussi un outil de management car il permet à l’entreprise de motiver ses salariés, point déterminant pour une PME.
Comment mettre en place une stratégie de développement durable?
Selon Widloecher, le chef d’entreprise doit être convaincu de la démarche. Il faut ensuite nommer un responsable du développement durable, chargé de mener un audit, de rencontrer des managers, faire des liens avec des organismes sociaux, analyser la concurrence. Bien sûr, une évaluation régulière est essentielle.
Pour lire l’intégralité de l’interview, rendez-vous sur le site TPE-PME.com
Le Guide du développement durable en entreprise (28€) est disponible ici.
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